Produire des appaloosas colorés

  S’il y a une race de chevaux où la robe a son importance, c’est bien l’Appaloosa. Cette race américaine est née de la sélection minutieuse opérée par les indiens Nez-Percés afin d’obtenir des chevaux rustiques, endurants, aux pieds sûrs et solides, et surtout hauts en couleurs. Toutefois, l’appaloosa indien ayant été, au fil des ans, modernisé par des croisements avec d’autres races telles que le quarter horse, on a assisté à l’augmentation du nombre d’appaloosas « solid color » (unis, sans tâche) ou faiblement tâchés. Le pourcentage de poulains colorés qui dépassait 90% dans les années 1940 est ainsi tombé à 50% dans les années 1990. Le croisement avec des pur sang arabes a également introduit chez l’appaloosa le gène gris qui, hélas, fait disparaître la couleur et les tâches… Ainsi, le défi de la plupart des éleveurs d’appaloosas est aujourd’hui de produire des chevaux possédant à la fois une morphologie élégante et puissante à l’image de celle du quarter horse et une robe riche en couleurs, qui ne s’effaceront pas au fil des ans. Le choix des reproducteurs, de leurs robes et de leur patrimoine génétique « couleur » est alors déterminant. Robes fewspot ou snowcap, gènes léopard, rouan, gris, noir ou rouge, les paramètres à prendre en compte sont nombreux. Partie 1 : Les robes « fewspot » et « snowcap »garantissent la couleur   Si les appaloosas fewspot et snowcap ne sont pas eux-mêmes très colorés (ils sont presque blancs), ils présentent l’avantage d’être homozygotes et donc de produire des poulains colorés à coup sûr, même croisés avec des chevaux appaloosas « solid color » ou des races unies comme le quarter horse. On veillera toutefois à ne pas confondre des appaloosas nés foncés et ayant décoloré avec des fewspot ou des snowcap ! Ces derniers naissent avec cette robe et n’en changent pas (on pourra le vérifier grâce aux photos du cheval à l’âge « foal » qui figurent au verso de son certificat d’enregistrement américain). Le snowcap est issu de lignées d’appaloosas dits « blanket » (robe foncée, croupe blanche et/ou tâchetée) et reproduiront plus volontiers cette robe (à moins d’être croisés avec des appaloosas possèdant d’autres robes dans leurs pedigrees). Le fewspot est issu de lignées d’appaloosas dits « léopards » (robe blanche, tâches foncées sur tout le corps) et reproduira beaucoup de léopards, mais aussi toutes les sortes de robes appaloosas. En effet, l’une des caractéristiques de la robe léopard (fewspot ou non) est de pouvoir produire des robes très diversifiées, alors qu’un appaloosa qui n’a pas d’ancêtre léopard dans son pedigree ne pourra jamais produire cette robe. L’inconvénient des appaloosas fewspot et snowcap est de produire un pourcentage significatif de chevaux eux-mêmes fewspot ou snowcap (lorsqu’ils sont croisés avec des appaloosas colorés), qui s’ils sont appréciés en reproduction sont difficiles à vendre (peu colorés et salissants).                   Partie 2 : Les robes « léopard »   Comme je l’ai dit précédemment, la robe léopard est considérée comme particulièrement intéressante en reproduction puisque les léopards produisent toutes sortes de robes appaloosas et

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Les Appaloosas léopards de Don Ulrich

Si Don Ulrich est aujourd’hui décédé, il a laissé en héritage une lignée d’appaloosas réputés dans le monde entier pour leur authenticité et leur magnifique robe léopard. En effet, Don Ulrich a oeuvré toute sa vie durant pour élever ses chevaux, véritables descendants des appaloosas indiens, à la manière de la tribu des Nez-Percés et a sélectionné, comme eux, des chevaux rustiques, aux pieds sûrs, intelligents, dociles et superbement colorés. C’est dans les vastes étendues du Wyoming, à la frontière du parc national du Yellowstone, et sur un ancien territoire nez-percé, que Don Ulrich a établi son élevage d’appaloosas. Le sol rocailleux, les montagnes et le rude climat hivernal ont façonné des chevaux rustiques, robustes, aux pieds sûrs et solides. Les appaloosas de Don Ulrich s’y reproduisent en liberté et, l’hiver venu, cherchent leur nourriture dans la neige. Don Ulrich se contente de les vermifuger et de les parer, si nécessaire. Il possède une quarantaine de chevaux, dont une vingtaine de poulains. Ces derniers resteront longtemps avec leurs mères, pour éviter qu’elles ne deviennent trop grosses, car, selon Don Ulrich, si un cheval rond est agréable à regarder, ce n’est pas l’idéal pour sa santé… De telles conditions d’élevage permettent de conserver les qualités originelles des appaloosas, qui en font d’excellentes montures d’extérieur, de ranch et d’endurance. Don Ulrich vante souvent la sûreté des pieds de ses chevaux qui lui permettent de « chevaucher neuf heures d’affilée, chassant sur toutes sortes de terrains, descendant des à-pics, sans la moindre chute ».             Ulrichs Rex (PTS Bold Design), Supreme Champion /  Ulrichs Sapphire, poulinière exportée vers la France Outre des chevaux rustiques, Don Ulrich cherche également à produire des appaloosas possèdant un bon mental et de la couleur : « je veux un cheval qui aime les gens, qui soit bien disposé. Je veux qu’il soit magnifiquement coloré. Quand je vois un poulain solid (uni), je considère cela comme un échec ». Sur 21 poulains nés en 1987, il n’y eu que 2 solid. La plupart furent des léopards à larges spots noirs, la robe préférée de Don Ulrich. Don Ulrich a divisé ses poulinières en deux groupes, chacun étant « sous la responsabilité » d’un étalon. Les juments sont réparties en fonction de leur couleur, de leur morphologie, de leur mental, de leur pedigree et des caractéristiques des poulains qu’elles ont déjà produit. Selon Don Ulrich, marier la bonne jument avec le bon étalon est un art, un feeling et non une science exacte. Si le poulain obtenu ne le satisfait pas, il change la jument d’étalon et fait un nouvel essai. Ulrichs Many Coups, l’un des étalons de Don Ulrich Si l’élevage de Don Ulrich a été dispersé à sa mort, on retrouve des appaloosas Ulrich dans de nombreux élevages américains spécialisés dans l’appaloosa léopard ou « fondation », mais également en France, Autriche et République Tchèque. En 2000, SRU Pile Of Clouds, fils de Ulrichs Papillon, a remporté le championnat du monde des appaloosas dans la catégorie « junior judged heading » (épreuve

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